J'ai vu la femme
au corps voluptueux,
totalement dénudée,
se glisser dans l'eau froide
de la marée montante.
D'abord agenouillée,
pieds et mains immergés,
elle a laissé l'eau caresser
ses chevilles et ses poignets.
Harmonisant son souffle avec
le flux et le reflux du courant,
sa conscience pénétrait le mouvement
de l'élément aqueux. C'était aussi
une adaptation de son corps
aux exigences de l'océan,
sa chaleur se fondant dans
la fraîcheur vive. Il s'agissait
désormais pour elle,
de baigner ses genoux comme
un acte de foi, anticipant
les perceptions. Corps physique
et corps vibrant en éveil,
elle pouvait couler son ventre
et sa poitrine dans la mer
comme une matrice venant
se mouler à ses contours.
Plonger dans le courant
coulait de source...
Fanny Experton